Interview Malting Pot : exemple d’un crowdfunding réussi

Par Émilie Fressinet 2 années.0 commentaire
Nous avons rencontré le gérant du Malting Pot, brewpub typiquement lyonnais, pour parler de sa campagne de crowdfunding. Manager en informatique de formation, c’est en partie ses capacités de gestion et ses talents de brasseur qui ont porté ce projet à voir le jour si rapidement ! Voici un article des plus transparents dédié au financement participatif, son fonctionnement, ses avantages et inconvénients !
 

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre structure ?

 
Je m’appelle Andéol AYZAC, ancien manager en informatique je suis aujourd’hui gérant du Malting Pot qui est un brewpub, donc un bar-restaurant où l’on fabrique la bière sur place. Nous avons ouvert en mai 2016 et la partie fabrication de bière a démarré un peu plus tard en juillet. L’établissement a la particularité d’avoir un grand jardin de 800m2 à l’arrière, ce qui fait que nous sommes très saisonniers en été (300 couverts à la journée en été contre la moitié en hiver). 
Aujourd’hui, notre structure est composée d’une dizaine de personnes contre 5 initialement. Mes associés sont donc : Tina, mon épouse, brasseur amateur et cuisinière ; Nicolas, brasseur amateur et ancien gérant de l’atelier de fabrication de bière « Et la bière fût » ; Milas, serveur expérimenté en restauration ; et Jean, brasseur amateur et ingénieur-électricien de formation.
 

Pourquoi avoir fait appel au financement participatif pour lancer votre projet ?

 
 
L’idée du crowdfunding s’est posée au départ en des termes purement financiers car nous avions besoin d’un complément. A terme, on aurait pu faire sans mais le concept nous a beaucoup apporté coté communication et donc visibilité. En effet, les contributeurs au projet se sont sentis impliqués et demandaient des nouvelles du projet. 
Grâce à la plateforme de financement participatif, nous avons pu communiquer ses informations sur l’état d’avancement des choses 2 mois avant l’ouverture (chantier, ce à quoi servait l’argent, ce à quoi ressemblerait l’établissement). Ce premier réseau a communiqué à son tour sur notre offre par le bouche à oreille, qui est d’ailleurs l’outil de communication le plus important en restauration. Au final, la plateforme nous a été plus utile au niveau média-sociaux qu’au niveau financier.
 

Comment avez-vous préparé la mise en place de votre campagne ?

 
La première phase a été de se renseigner sur les différentes offres des différentes plateformes de financement participatif. Les politiques de conditions tarifaires et le niveau d’objectif à atteindre pour considérer une campagne réussie sont deux facteurs à considérer. Si notre équipe a fait appel à Ulule, c’est simplement parce que c’était la plateforme la plus pertinente au vu de notre projet. Chaque plateforme a sa propre fonction en quelques sortes, il faut la choisir en fonction de son secteur d’activité : Ulule promeut essentiellement de projets de brasseries et d’activités culturelles, ce qui le plaçait en première marche des plateformes a utilisé. 
 

Quelles actions avez-vous mené pour la promouvoir, cette campagne ?

 
On a organisé 3 soirées d’ouvertures avant l’ouverture officielle de l’établissement au public. Question visibilité, on a beaucoup communiqué via un réseau lyonnais de brasseur amateurs qui a ensuite pu relayer l’information auprès de leurs propres communautés et deux des associés disposaient aussi d’un réseau solide sur Facebook.
Les deux premiers mois, on a décidé d’ouvrir uniquement le midi et certains soirs avant l’ouverture totale en septembre. On avait énormément de choses à gérer et on ne voulait pas être submergés même si on l’était déjà en pratique. On a fini par juger notre communication suffisamment bonne pour nous assurer un démarrage progressif qu’on saurait gérer. Le buzz c’est bien, mais si pour X raison vous n’êtes pas en mesure d’assurer la promesse tenue dans votre communication, c’est aussi votre image qui sera détériorée. Et en restauration c’est doublement vrai à cause du « bouche à oreille » malheureusement. Ce temps de travail partiel est très vite complet grâce à l’été 2016 qui a été particulièrement beau, ce qui nous a permis de lancer efficacement notre activité dès le départ !
 

Quelles sont, selon vous, les clés de la réussite en matière de crowdfunding ?

 
Premièrement il faut un concept solide, qui réponde à un vrai besoin mais de manière différente par rapport aux autres offres du même type. Ensuite, il faut bien choisir la plateforme de crowdfunding que vous utiliserez de sorte à ce qu’elle soit la plus pertinente possible en vue de votre offre. Il y a deux types de public quand vous lancer votre projet sur une plateforme de financement participatif : celui qu’on amène et celui qui s’intéresse au concept naturellement. Il faut donc aussi étudier le profil des contributeurs présents sur tel ou tel site pour faire en sorte de ne pas se tromper de public. Et finalement, il est nécessaire de faire un effort dans la présentation du projet car c’est le support le plus important dans votre communication. Ce genre de plateforme a un fonctionnement très guidé et des personnes sont à votre disposition pour voir et revoir vos essais afin de maximiser vos chances. 
Dernier point : les contreparties. Elles doivent bien sûr être attrayantes mais elles doivent tenir compte du budget avant tout, le principe du financement participatif est quand même que votre campagne soit gratuite ! 
 

Qu’est-ce que vous avez fait pour vos donateurs suite au succès de votre campagne ?

 
En fait, il y a eu plusieurs niveaux de contributeurs. Pour les petits, c’était la pinte de bière offerte, en montant crescendo avec plus de pinte ou des dégustations… Et pour les plus gros contributeurs, on a organisé une soirée privée avec un buffet, les boissons à volonté, une visite de la brasserie, des goodies, etc. Et pour finir, les proches ont eu droit à leurs noms gravés sur les cuves de brassage, la soirée privée ainsi que des verres attitrés à chacun.
 

Qu’avez-vous retenu personnellement de cette expérience ?

 
Déjà, je retiens que le travail d’équipe est vraiment agréable, et que le crowdfunding est un excellent exercice pour la cohésion de groupe. Après, le grand attrait de la restauration c’est les rencontres évidemment, c’est très ouvert et il y a toujours une bonne ambiance. C’est vraiment réconfortant de se sentir soutenu. Avant de 14h à 18h je passais mes après-midis seul. Ce qui m’a marqué aussi, c’est de voir à quel point le crowdfunding est chronophage. Et que le plus important c’est de se lancer dans un projet qui vous tiens à cœur et que vous avez plaisir à faire. Je pense que c’est moins probable de réussir pour celui qui ne le fait pas avec passion. 
 

Qu’est -ce que vous diriez à quelqu’un qui projette de lancer son activité grâce au financement participatif ?

 
Si le but est de trouver des apports financiers, ce n’est pas vraiment la façon la plus efficace. Ou du moins, sur mon marché. Si le but est de sécuriser des précommandes, là c’est un moyen efficace. Le point fort du crowdfunding, c’est que c’est un exercice. C’est très bien parce que ça demande de réfléchir à comment communiquer sur votre business, ce qui va me différencier et ce que je vais apporter aux clients. Tout ça, il faut le déterminer dans la campagne pour que ça fonctionne. Les plateformes disposent également d’équipes qui aident pour la rédaction de votre communication. Pour ceux qui ne savent pas vraiment comment communiquer c’est très utile. C’est un bon outil de communication et de marketing mais question apports financiers, pas vraiment. 
 
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Catégorie:
  Marketing

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